Les paroles d’habitantes et d’habitants sur la santé sont en ligne !

Les paroles d’habitantes et d’habitants sur la santé sont en ligne !

 

Cette publication regroupe des paroles récoltées lors de réunions organisées dans le cadre de la participation des habitants à l’élaboration du Plan Régional de Santé 2018-2022. Ces paroles qui s’articulent autour de huit thématiques ne sont pas centrées uniquement autour du soin mais la santé et ses déterminants y sont appréhendés de façon globale. Ce rapport montre comment les inégalités vécues dans différentes sphères de la vie quotidienne ont un impact sur les inégalités de santé des habitants de quartiers populaires.

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Publication d’une nouvelle plaquette sur les discriminations!

Publication d’une nouvelle plaquette sur les discriminations!

La plaquette « Discrimination ? Des médiateurs et médiatrices ressources » est désormais disponible. Les associations souhaitant la recevoir en version imprimée peuvent envoyer un mail à Aurélie Dutour (federation.mediation@gmail.com).

Cette plaquette rappelle la manière dont les médiateurs et médiatrices peuvent être des personnes ressources face aux situations de discriminations. Elle s’adresse aux partenaires des associations de médiation.

Elle a été réalisée par le groupe de travail « Médiation et discriminations » animé en 2016 et 2017 par Warda Khorsi (responsable de formation au Centre de formation aux professions éducatives et sociales à Aubervilliers).

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« Discrimination ? Des médiateurs et médiatrices ressources »

« Discrimination ? Des médiateurs et médiatrices ressources »

Cette plaquette porte sur les discriminations et le rôle que peuvent jouer les médiatrices lorsqu’une personne est confrontée à une situation de ce type. Elle est destinée aux partenaires des différentes structures de médiation.

Elle a été réalisé dans le cadre d’un groupe de travail organisé par LaFédé et animé par Warda Khorsi (responsable de formation au Centre de formation aux professions éducatives et sociales à Aubervilliers) auquel ont participé une dizaine de médiatrices travaillant dans des associations de LaFédé. Cinq séances de ce groupe ont été consacrées à de l’analyse des pratiques centrée autour de la question des discriminations. Lors de ces séances, les médiatrices ont pu analyser collectivement des situations où soit la personne reçue soit parfois la médiatrice elle-même dans le cadre de l’accompagnement avait été confrontée à une situation de discrimination. Les trois séances suivantes ont été consacrées à la réalisation de la plaquette pour les partenaires et d’un guide diffusé en interne à destination des médiatrices.

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Programme en cours

Programme en cours

Programme de travail 2021

L’objectif premier de LaFédé est la reconnaissance pleine et entière du métier de médiateu·rice social·e. À cette fin, les principales activités de la Fédération se structurent à deux niveaux :

  • Au niveau régional
  1. le développement du réseau des associations adhérentes ; 

  2. l’organisation d’instances de qualification des médiateurs et médiatrices et des responsables des structures et le soutien à la reconnaissance du métier ; 

  3. la mise en réseau des différentes associations pour un partage de pratiques ; 

  4. l’accompagnement des associations adhérentes sur la pérennisation des conventions adultes-relais et de leurs activités. 

  • Au niveau national
  1. la valorisation des activités de médiation et leur reconnaissance ; 

  2. l’accompagnement des structures vers leur certification ;
  3. la participation aux travaux sur la reconnaissance de la médiation sociale, conduits sous l’égide de l’Agence nationale de la cohésion des territoires ;
  4. des interventions à la demande des partenaires dans les formations et dans l’élaboration de leurs contenus, colloques et journées de valorisation de la médiation sociale et culturelle.

 

A. Le développement régional de LaFédé

  1. Appui à de nouvelles associations

La chargée de développement a pour mission d’accompagner les nouveaux adhérents de la Fédération. Il s’agit de repérer les associations de médiation sociale et culturelle existant en Île-de-France, de recenser leurs besoins en termes de qualification : prise de contact ; présentation de LaFédé et des associations adhérentes ; présentation des actions de qualification ; propositions de coopération. Cela permet d’accompagner toujours plus d’associations de médiation dans leur structuration et de médiateurs dans leur professionnalisation. Une attention est mise sur la représentativité des nouveaux adhérents dans les différents départements franciliens afin de rester à l’image du secteur de la médiation sociale et culturelle en Île-de-France.

2. Soutien aux associations membres

La chargée de développement apporte son soutien aux associations membres de LaFédé aussi bien lorsque celles-ci sont confrontées à des nécessités de restructuration que dans la mise en place de nouveaux projets. La crise sanitaire a fragilisé les familles notamment celles qui connaissaient déjà des difficultés économiques, sociales, de logement. Le lien école-famille s’est également distendu depuis le confinement du printemps 2020 et « l’école à la maison », un concept qui n’était pas toujours accessible aux familles du fait de leurs conditions de logement ou d’accès à l’informatique.

Un des enjeux de 2021 pour les associations est de renforcer les actions déjà menées dans le domaine du soutien à la parentalité et les liens école-famille et d’en initier de nouvelles. La chargée de développement accompagnera les associations dans ce sens. 

 3. Groupe d’analyse des pratiques 

Face à la situation sanitaire et sociale, les associations de médiation ont dû adapter leurs modalités d’accueil et doivent accompagner des personnes dans des situations qui se sont compliquées. La situation sanitaire a également renforcé la dématérialisation d’un certain nombre de démarches administratives. Face à ces nouvelles conditions de travail et à l’évolution des situations rencontrées, les médiateurs et médiatrices sont demandeurs de la mise en place d’une groupe d’analyse des pratiques par LaFédé. Ce groupe se réunira à raison d’une séance par mois et sera animé par un intervenant extérieur.

Constituer un groupe d’analyse des pratiques au niveau régional permet aux médiateurs d’échanger sur les difficultés rencontrées avec des médiateurs travaillant dans d’autres associations et qui ont pu être confrontés à des situations similaires et y apporter des réponses différentes. 

 4. Groupes d’échanges et de formation sur le droit des étrangers, la protection sociale et les retraites

Deux demi-journées de travail sur une mise à jour des connaissances juridiques en matière de droits des étrangers et sur la protection sociale et la retraite sont prévues pour 2021. Il est important pour les médiateurs et médiatrices chargés d’orienter les habitants d’actualiser régulièrement leurs connaissances sur ces sujets. Ces temps seront animés par des professionnels des secteurs concernés.

Ces demi-journées de travail se tiendront en présentiel ou à distance selon l’évolution de la situation sanitaire.

Demi-journée sur le droit des étrangers : 

  • Réunion en visio. 
  • Intervenants pressentis : le Gisti, un avocat.
  • Contenu : dernières évolutions sur les conditions d’accueil et de régularisation des étrangers en France.

Demi-journée sur la protection sociale et les retraites : 

  • Réunion en visio ou en présentiel.
  • Intervenants pressentis : la Carsat.
  • Contenu : les droits à la protection sociale et à la retraite en général et plus particulièrement en direction des populations migrantes.

 5. Journée régionale 

Une journée régionale sur la place de l’engagement des femmes dans les quartiers populaires et le rôle des associations de médiation sociale et culturelle dans la promotion de l’égalité Femme-Homme sera organisée en novembre 2021. La forme de cette journée sera adaptée à la situation sanitaire. 

Cette journée de travail et d’échanges s’adressera aussi bien aux membres de LaFédé qu’aux partenaires extérieurs. Public prévu : 80 personnes.

Éléments de contenu :

Les femmes ont eu un rôle essentiel et de première ligne dans la situation de crise sanitaire. Elles sont surreprésentées dans tous les métiers dits “invisibles” et qui se sont révélés essentiels : les aides-soignantes, les personnelles d’entretien, les caissières, les aides à domicile, les personnelles de la petite enfance…

Intervenants pressentis : Fatima Ouassak, association Front de mères ; une association de médiation sociale et culturelle ; Fédération des centres sociaux…

6. Recherche action émancipatrice

Depuis 2016, LaFédé travaille en partenariat avec l’ARS autour de la participation des habitants dans l’élaboration de politiques publiques en matière de santé. Une première phase du travail a consisté en la mobilisation de huit groupes d’habitants afin de définir des priorités en matière de santé, pour les habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville, dans le cadre de l’élaboration du Projet Régional de Santé 2018-2022.

Suite à cette première phase, LaFédé mène maintenant une recherche-action-émancipatrice sur la promotion de la santé. Il s’agit d’évaluer si la participation d’habitants à la création d’actions de promotion de la santé rend ces actions plus efficaces et de mesurer ce que peut apporter cette participation pour les différents acteurs : professionnels des politiques publiques, notamment de la politique de la ville, professionnels de santé, acteurs sociaux, habitants. En 2019, le protocole de cette recherche-action a été construit avec les habitants de cinq villes. Les habitants ont notamment insisté dans les projets proposés sur l’importance d’avoir une information adaptée aux besoins, aux modes de vie et aux représentations et sur l’importance d’avoir les moyens de mettre en pratique l’information reçue (sinon être informé ne sert à rien). Depuis 2020, et notamment en 2021, les actions concrètes de cette recherche action se mettent en place.

Ainsi :

– à Paris XIXème : les habitants montent des actions d’information nutritionnelle couplées à la création d’un groupement d’achats afin de pouvoir se procurer des produits sains à moindre coûts.

– aux Courtillières à Pantin : les habitants organisent des « groupes d’auto-support » afin d’aborder les questions de santé sous un angle qui ne soit pas exclusivement médical, pour faire baisser les peurs liées aux examens, aux dépistages et à la maladie.

– aux Sycomores à Rosny-sous-Bois : les habitants évaluent différentes applications Internet sur la santé dans le but d’aider au développement d’une nouvelle application s’adressant aux patients allophones.

– au Petit Nanterre : les habitants montent une campagne de prévention locale sur la lutte contre les addictions, le sommeil et la santé bucco-dentaire.

– au Bois l’Abbé à Champigny-sur-Marne : les habitants préparent une action autour des discriminations dans le domaine de la santé afin de se sentir légitimes à être soignés et respectés.

Régis Cortesero et Thomas Kirszbaum, chercheurs associés aux Ateliers Spinoza, accompagnent LaFédé dans cette recherche action.

B. Reconnaissance de la médiation et accompagnement à la certification AFNOR

  1. Accompagnement à la certification

Depuis la publication de la norme ANOR XP X 60-600, LaFédé accompagne les associations membres de son réseau afin de les préparer à la certification. Cet accompagnement s’est d’abord basé sur la mise en place d’un groupe de travail autour de la gouvernance associative ; de la création et la mise en place d’un logiciel de suivi de l’activité ; de travaux menés autour de l’évaluation de l’utilité sociale de la médiation ; de l’accompagnement de médiatrices dans une démarche de validation des acquis d’expérience (VAE)… Depuis décembre 2020, l’accompagnement à la certification des structures membres a pris un tournant avec la mise en place d’un groupe centré spécifiquement sur la préparation à l’audit de certification.

Sept associations participent à ce groupe dans l’idée de se faire certifier en 2021 ou 2022. L’idée de ce groupe est d’offrir aux associations un espace où elles peuvent partager leurs avancées dans la mise à plat et l’analyse de leur activité et process au regard des critères de la norme et de partager les difficultés auxquelles elles sont éventuellement confrontées dans ce travail.

En 2021, six séances de travail sont prévues. LaFédé souhaiterait également pouvoir proposer des « audits blancs » aux associations sur la fin de l’année 2021 afin que celles-ci soient prêtes et rassurées avant de se présenter à l’audit de certification.

La présentation de l’audit a en effet un coût qui freine certaines associations de médiation sociale et culturelle dans leur possibilité de se présenter (environ 1800 TTC pour une association de moins de 10 salariés). Il semble donc important pour LaFédé que les premières associations du réseau se présentant à l’audit soient réellement prêtes : la certification des premières associations adhérentes de LaFédé qui se seront présentées sera une forte incitation pour les associations hésitantes – pour des raisons financières ou d’intérêt – à entrer dans ce processus qui, au-delà de l’acquisition de la certification, est une véritable occasion de réinterroger leur action et leur mode d’intervention.

Au delà de la préparation à l’audit, l’accompagnement à la certification des structures du réseau passe également par la poursuite de l’installation du logiciel de suivi de l’activité dans les différentes associations. En 2020, LaFédé a installé ce logiciel de suivi dans plusieurs associations en l’adaptant à l’activité de chacune (lieux de permanences, lieux d’accompagnement…). Le fonctionnement du logiciel a également été présenté aux équipes. Néanmoins, le travail d’installation n’est pas encore terminé pour que son utilisation soit réellement effective. C’est en effet à l’usage que les difficultés peuvent se poser quant à son utilisation et un temps de prise en main est nécessaire pour que les médiatrices puissent l’utiliser de façon fluide.

Lors de cette période de prise en main, un accompagnement de la part de LaFédé reste nécessaire afin de répondre aux difficultés rencontrées par les équipes. L’utilisation de ce logiciel devrait permettre aux associations d’effectuer un suivi plus précis de leur activité et d’améliorer l’évaluation de leur travail. Il s’agit donc d’un élément important dans la préparation à la certification.

2. Promouvoir la médiation sociale et culturelle notamment dans le domaine de la santé

LaFédé a pour objet social d’œuvrer à la reconnaissance de la médiation sociale et culturelle comme activité professionnelle à part entière. Cela nécessite de promouvoir la médiation auprès d’acteurs institutionnels ou de différents professionnels, partenaires potentiels des associations de médiation. 

LaFédé porte ainsi la voix des associations dans un certain nombre de colloques ou de groupes de travail et essaie, autant qu’il se peut, d’y associer une association ou une médiatrice. Les associations de médiation sociale et culturelles étant de petites tailles, elles n’ont en effet pas toujours le temps de s’y investir d’elles-mêmes. Leur sollicitation par LaFédé devient une incitation à leur engagement.

Cette présence de LaFédé dans les groupes de travail et dans différentes instances permet aux autres professionnels et acteurs institutionnels de mieux connaître la médiation sociale et culturelle, de nouer des partenariats et d’essaimer les actions sur le territoire.

Par ailleurs, de nombreux partenaires et acteurs institutionnels sont intéressés pour connaître les différents enseignements tirés par LaFédé du travail réalisé avec les habitants (participation des habitants à l’élaboration du PRS2 et recherche action émancipatrice). La chargée de développement a déjà été sollicité plusieurs fois pour présenter le travail autour du PRS2 et sur l’avancée de la recherche-action.

En 2021, en plus de poursuivre l’accompagnement des cinq groupes de la recherche action émancipatrice, LaFédé travaillera à faciliter sa diffusion en continuant à présenter ce travail lors de différents évènements afin qu’il puisse inspirer de nouvelles actions ailleurs. À cette fin, des fiches actions seront élaborées et diffusées et des synthèses de la recherche action seront faites afin d’en faciliter sa diffusion. Différents supports de communication (fiches thématiques ou méthodologiques, capsules vidéo et formats courts, pages dédiées sur le site de LaFédé, etc.) seront utilisés afin de réellement promouvoir les enseignements du travail engagé.

3. Capitalisation

Toujours dans un objectif de valorisation de la médiation sociale et culturelle, LaFédé fait un travail de capitalisation à partir des écrits des différentes associations adhérentes.

Quelques ressources déjà accessibles :

  • Publication des actes des différentes journées régionales
  • Publication de « Paroles d’habitantes et d’habitants sur la santé – Participation à l’élaboration du PRS2 »

En 2021, la capitalisation concernera notamment le rôle des médiatrices sociales et culturelles lors de la crise sanitaire. Ce travail permettra de mettre en évidence les difficultés rencontrées par les habitants qui sollicitent les médiatrices et les réponses apportées par ces dernières.

 

Faire vivre un projet associatif : quelles complémentarités entre salariés et bénévoles?

Faire vivre un projet associatif : quelles complémentarités entre salariés et bénévoles?

Journée de travail- 7 novembre 2018

Historiquement, la médiation sociale et culturelle a été inventée par les femmes des quartiers populaires qui, dans une logique de solidarité de voisinage, accompagnaient les habitants de leur quartier lors de rendez-vous avec différents professionnels.
Aujourd’hui, la médiation sociale et culturelle s’est professionnalisée et les médiateurs et médiatrices s’appuient sur des savoirs acquis par leur expérience ou par des formations ainsi que sur un cadre déontologique clair lors de leurs interventions. Or, passer d’une activité bénévole à une activité professionnelle n’a pas de répercussions uniquement sur le travail concret des médiateurs et médiatrices mais également sur la manière dont ces derniers assurent leur travail. 
Cette diversité de statuts peut parfois créer des incompréhensions entre des personnes qui n’ont pas toutes intégrées l’association pour les mêmes raisons et n’ont pas toutes la même possibilité de s’y impliquer (temps disponible, position d’encadrement ou non…).

En 2017, un groupe de travail composé de cinq associations a travaillé sur la gouvernance associative pour tenter de faire un état des lieux des difficultés (souvent récurrentes) rencontrées par les associations et afin de réfléchir aux postures et pratiques qu’il est possible d’adopter selon les situations ainsi que leurs limites.

Dans la continuité de ce travail, il est proposé d’organiser une journée de travail destinées aussi bien aux administrateurs qu’aux salariés des associations afin de réfléchir aux différentes instances au sein d’une association (notamment le conseil d’administration et l’équipe salariée), à leurs fonctionnements et leur articulation entre elles. Il sera notamment questionner le sens que chacun, administrateurs et salariés, donnent au fait de travailler en association.

Cette journée se déroulera :

Le mercredi 7 novembre 2018 de 9h à 16h30
à l’Institut Nénuphar
72 rue Victor Hugo 93500 Pantin (métro Eglise de Pantin, ligne 5)

Programme provisoire :

9h : Accueil

9h30-10h30 : Droit des associations et droit du travail : dans quel cadre légal s’inscrivent les associations de médiation sociale et culturelle ?

10h30-12h30 : Travail en ateliers

Atelier 1 : « L’administrateur : un employeur bénévole avec une responsabilité en ressources humaines »

Atelier 2 : « Le salarié : à la croisée entre travail rémunéré et implication dans le projet associatif »

12h30- 13h30 : Pause midi

13h30- 14h : Restitution des ateliers de la matinée

14h-16h : Témoignages :

Témoignages 1 : Les changements induits par le passage du bénévolat au salariat

Témoignage 2 : Assister au conseil d’administration en tant que salarié : un changement de perception de l’association

Témoignage 3 : Présentation d’une commission de travail mixte salarié-administrateur

16h-16h30 : Clôture de la journée

« Quand l’écran remplace les personnes, quelle place pour la médiation ? »

« Quand l’écran remplace les personnes, quelle place pour la médiation ? »

21 juin 2018 de 9h00 à 16h30
La Halle Pajol, 20 Esplanade Nathalie Sarraute, 75018 Paris

Au nom de la compétitivité, de la performance ou encore de la qualité de service, les administrations publiques ont, depuis plusieurs années, informatisé l’ensemble des démarches nécessaires à l’accès ou au maintien des droits des personnes. Une situation qui concerne aussi bien la CAF (Caisses d’allocation familiale), la CPAM (Caisses primaires d’assurance maladie), Pôle Emploi, que les services de la Préfecture ou les impôts.

Cette dématérialisation des procédures administratives est présentée comme une modernisation du service public ; elle doit faciliter l’accès aux informations pour les citoyens. Mais dans les faits, elle est aussi un obstacle – parfois insurmontable – pour une partie d’entre eux. Le Défenseur des droits, dans son rapport 2017, parle de la « marginalisation probable des personnes les plus vulnérables touchées par la fracture numérique ». L’enquête conduite par cet organisme montre que la dématérialisation des documents et l’usage devenu indispensable d’internet pour les démarches administratives ne sont pas sans conséquence. Un Français sur cinq déclare éprouver des difficultés à accomplir des démarches administratives courantes sur internet. Une personne sur trois évoque également un cruel manque d’information. Car dans les faits, 27 % des personnes n’ont pas accès à internet, et 33 % sont peu familières de l’outil.

Ces difficultés sont bien connues des médiatrices sociales et culturelles qui sont de plus en plus souvent sollicitées pour accompagner les familles dans l’accès à internet. Quelles en sont les conséquences sur leur métier ? En quoi l’arrivée du numérique modifie-t-elle le cœur de métier de la médiation ? Peut-on même encore parler de médiation quand les machines remplacent les hommes et les femmes ? Sans cesse, on nous parle de dématérialisation. Ne s’agit-il pas tout simplement de déshumanisation du service public ?

Mais c’est aussi très concrètement que la dématérialisation et la déshumanisation des services transforment la pratique du métier et posent des questions d’éthique et de confidentialité : quel serveur choisir quand vous devez créer une adresse mail ? Qui conserve les mots de passe ? Comment gérer les informations confidentielles ? Comment aider des parents à consulter les notes de leur enfant sur l’intranet de l’établissement scolaire… ?

Autant de questions qui feront l’objet des échanges de cette journée dans l’objectif à la fois d’analyser les changements de pratique mais aussi d’interpeller les pouvoirs publics sur les effets de la dématérialisation.