Projet de recherche-action émancipatrice sur la participation des habitants à l’élaboration d’actions d’information en santé

Suite à une première phase de travail portant sur la participation des habitants à l’élaboration du Plan Régional de Santé 2018-2022 (PRS2), LaFédé travaille aujourd’hui sur un projet de « recherche-action émancipatrice » en lien avec l’ARS. 

Lors des réunions qui ont eu lieu avec les habitants lors de la participation à l’élaboration du PRS2, il est apparu que les campagnes d’information de l’ARS étaient perçues par de nombreux habitants comme de la publicité, diffusant une information simplifiée, peu fiable, et non adaptée à leurs situations et modes de vies. Les médecins généralistes, les PMI et les associations de quartiers étaient à l’inverse identifiés comme les sources d’informations privilégiées par les habitants en matière de santé.

Nous faisons l’hypothèse que l’une des clés pour améliorer la diffusion et l’appropriation de l’information de proximité en matière de santé est d’y associer ses destinataires, les habitants, en prenant en compte la multiplicité des conditions de vie, des pratiques et des représentations en matière de santé qu’ils vivent et expriment.

Pour l’instant, ce travail en est au stade de la rédaction du protocole de la recherche-action. Deux chercheurs rattachés aux ateliers Spinoza, Régis Cortesero et Guillaume Coti, sont associés à la rédaction de ce protocole. Des rencontres avec des habitants de quartiers vont avoir lieu dans cinq villes différentes (Nanterre, Pantin, Rosny-sous-Bois, Paris 19èmeet Champigny-sur-Marne) afin de construire sur chaque site des hypothèses sur l’information en santé et des actions visant à les vérifier.

Participation des habitants à l’élaboration du Plan Régional de Santé 2018-2022

Participation des habitants à l’élaboration du Plan Régional de Santé 2018-2022

En 2016-2017, LaFédé a travaillé avec l’ARS pour associer les habitants des quartiers populaires à l’élaboration du futur Plan Régional de Santé (PRS) 2018-2022.

Huit associations de la fédération implantées dans huit villes différentes ont participé à ce projet (l’ARIFA à Clichy-sous-Bois, L’ACSBE à Saint-Denis, l’AARMMI à Drancy, l’AFMSCP à Pantin, Médiation culture et vie à Rosny-sous-Bois, l’association LEA à Montreuil, Espace 19 à Paris XIXème, l’association des femmes-relais et médiateurs interculturels à Champigny-sur- Marne). Dans chaque ville, un groupe d’habitants s’est constitué et s’est réuni deux fois au niveau local. La première réunion portait sur la construction d’une définition de la santé et sur la liste des critères l’influençant (positivement ou négativement) tandis que la seconde réunion a permis aux habitants de proposer des pistes d’actions concrètes visant à améliorer la santé des habitants et/ou d’approfondir les discussions sur les facteurs déterminants repérés lors de la première réunion. Chaque groupe était composé d’une dizaine d’habitants et l’idée était que le groupe reste dans la mesure du possible le même d’une réunion à l’autre.

Fin janvier 2017, les différents groupes se sont réunis à Pantin afin de mettre en commun leurs propositions, l’objectif étant de les prioriser. Une nouvelle réunion a ensuite eu lieu en avril 2017 regroupant une dizaine de membres de la CRSA (Conférence régionale de la santé et de l’autonomie) et une vingtaine d’habitants et de médiatrices. Cette réunion a permis aux habitants de faire directement remonter leurs constatations et propositions aux membres de la CRSA.

Les discussions sur la santé ne se sont pas centrées uniquement autour du soin et du médical. La place du soin a même été plutôt réduite dans les discussions au profit des conditions de vie sur les quartiers, des modes de vie, de la précarité…

Les réunions à l’échelon local ayant été enregistrées, une publication « Paroles d’habitantes et d’habitants sur la santé » est parue et s’articule autour de huit thèmes ayant particulièrement suscités de discussions : le cadre de vie et le logement ; le travail ; la santé mentale ; l’information sur la santé ; les personnes âgées ; l’accès aux soins ; l’alimentation ; l’activité physique.

Groupe de travail sur les indicateurs

Depuis début 2019, un groupe de travail se réunit au sein de LaFédé afin de réfléchir aux indicateurs d’évaluation de la médiation sociale et culturelle dans la continuité du travail entamé en 2015 sur « les coûts évités par la médiation ». À partir des rapports d’activité des différentes associations, il s’agit de construire des indicateurs qui nous semble pertinent pour évaluer l’utilité sociale de nos activités. Le groupe réfléchit également à la manière de faire remonter aux différents financeurs les difficultés auxquelles les associations sont aujourd’hui confrontées pour renseigner certains indicateurs pas nécessairement pertinents dans le cadre de leur travail.

Faire vivre un projet associatif : quelles complémentarités entre salariés et bénévoles?

Faire vivre un projet associatif : quelles complémentarités entre salariés et bénévoles?

Journée de travail- 7 novembre 2018

Historiquement, la médiation sociale et culturelle a été inventée par les femmes des quartiers populaires qui, dans une logique de solidarité de voisinage, accompagnaient les habitants de leur quartier lors de rendez-vous avec différents professionnels.
Aujourd’hui, la médiation sociale et culturelle s’est professionnalisée et les médiateurs et médiatrices s’appuient sur des savoirs acquis par leur expérience ou par des formations ainsi que sur un cadre déontologique clair lors de leurs interventions. Or, passer d’une activité bénévole à une activité professionnelle n’a pas de répercussions uniquement sur le travail concret des médiateurs et médiatrices mais également sur la manière dont ces derniers assurent leur travail. 
Cette diversité de statuts peut parfois créer des incompréhensions entre des personnes qui n’ont pas toutes intégrées l’association pour les mêmes raisons et n’ont pas toutes la même possibilité de s’y impliquer (temps disponible, position d’encadrement ou non…).

En 2017, un groupe de travail composé de cinq associations a travaillé sur la gouvernance associative pour tenter de faire un état des lieux des difficultés (souvent récurrentes) rencontrées par les associations et afin de réfléchir aux postures et pratiques qu’il est possible d’adopter selon les situations ainsi que leurs limites.

Dans la continuité de ce travail, il est proposé d’organiser une journée de travail destinées aussi bien aux administrateurs qu’aux salariés des associations afin de réfléchir aux différentes instances au sein d’une association (notamment le conseil d’administration et l’équipe salariée), à leurs fonctionnements et leur articulation entre elles. Il sera notamment questionner le sens que chacun, administrateurs et salariés, donnent au fait de travailler en association.

Cette journée se déroulera :

Le mercredi 7 novembre 2018 de 9h à 16h30
à l’Institut Nénuphar
72 rue Victor Hugo 93500 Pantin (métro Eglise de Pantin, ligne 5)

Programme provisoire :

9h : Accueil

9h30-10h30 : Droit des associations et droit du travail : dans quel cadre légal s’inscrivent les associations de médiation sociale et culturelle ?

10h30-12h30 : Travail en ateliers

Atelier 1 : « L’administrateur : un employeur bénévole avec une responsabilité en ressources humaines »

Atelier 2 : « Le salarié : à la croisée entre travail rémunéré et implication dans le projet associatif »

12h30- 13h30 : Pause midi

13h30- 14h : Restitution des ateliers de la matinée

14h-16h : Témoignages :

Témoignages 1 : Les changements induits par le passage du bénévolat au salariat

Témoignage 2 : Assister au conseil d’administration en tant que salarié : un changement de perception de l’association

Témoignage 3 : Présentation d’une commission de travail mixte salarié-administrateur

16h-16h30 : Clôture de la journée

« Quand l’écran remplace les personnes, quelle place pour la médiation ? »

« Quand l’écran remplace les personnes, quelle place pour la médiation ? »

21 juin 2018 de 9h00 à 16h30
La Halle Pajol, 20 Esplanade Nathalie Sarraute, 75018 Paris

Au nom de la compétitivité, de la performance ou encore de la qualité de service, les administrations publiques ont, depuis plusieurs années, informatisé l’ensemble des démarches nécessaires à l’accès ou au maintien des droits des personnes. Une situation qui concerne aussi bien la CAF (Caisses d’allocation familiale), la CPAM (Caisses primaires d’assurance maladie), Pôle Emploi, que les services de la Préfecture ou les impôts.

Cette dématérialisation des procédures administratives est présentée comme une modernisation du service public ; elle doit faciliter l’accès aux informations pour les citoyens. Mais dans les faits, elle est aussi un obstacle – parfois insurmontable – pour une partie d’entre eux. Le Défenseur des droits, dans son rapport 2017, parle de la « marginalisation probable des personnes les plus vulnérables touchées par la fracture numérique ». L’enquête conduite par cet organisme montre que la dématérialisation des documents et l’usage devenu indispensable d’internet pour les démarches administratives ne sont pas sans conséquence. Un Français sur cinq déclare éprouver des difficultés à accomplir des démarches administratives courantes sur internet. Une personne sur trois évoque également un cruel manque d’information. Car dans les faits, 27 % des personnes n’ont pas accès à internet, et 33 % sont peu familières de l’outil.

Ces difficultés sont bien connues des médiatrices sociales et culturelles qui sont de plus en plus souvent sollicitées pour accompagner les familles dans l’accès à internet. Quelles en sont les conséquences sur leur métier ? En quoi l’arrivée du numérique modifie-t-elle le cœur de métier de la médiation ? Peut-on même encore parler de médiation quand les machines remplacent les hommes et les femmes ? Sans cesse, on nous parle de dématérialisation. Ne s’agit-il pas tout simplement de déshumanisation du service public ?

Mais c’est aussi très concrètement que la dématérialisation et la déshumanisation des services transforment la pratique du métier et posent des questions d’éthique et de confidentialité : quel serveur choisir quand vous devez créer une adresse mail ? Qui conserve les mots de passe ? Comment gérer les informations confidentielles ? Comment aider des parents à consulter les notes de leur enfant sur l’intranet de l’établissement scolaire… ?

Autant de questions qui feront l’objet des échanges de cette journée dans l’objectif à la fois d’analyser les changements de pratique mais aussi d’interpeller les pouvoirs publics sur les effets de la dématérialisation.